8 ans après sa transmission à ses salariés, qu’est devenue Confluence Conseil ?

En 2018, à Lyon, l’entreprise de conseil en informatique Confluence Conseil franchissait une étape clé de son histoire : son fondateur, Philippe Landraud, décidait de transmettre l’entreprise à ses salarié·es. Huit ans plus tard, le projet a mûri, la gouvernance s’est transformée, et une démarche environnementale et sociale structurée est en marche.

De l’intention à l’action 

C’est tôt le matin, autour d’un café, que l’étincelle coopérative est née. Philippe Landraud et Christophe Laurent, Ingénieur d’Affaires, entendent un spot radio sur les transmissions d’entreprises en Scop. Séduits par l’idée, ils échangent avec Olkoa, une coopérative basée à Grenoble et l’un de leurs fournisseurs. Cette discussion vient conforter leur intuition.

Rapidement, ils se rapprochent de Transméa qui les accompagne pas à pas dans les premières étapes de la transmission. La Scop voit le jour en décembre 2018. Pendant cinq ans, Philippe Landraud en assure une transmission progressive. En 2022, la passation est pleinement actée, avec Christophe Laurent à la barre. La gouvernance commence alors à se réinventer : le taux de sociétariat atteint 64 %, les associé·es s’approprient les grands enjeux, et la dimension coopérative trouve toute sa place dans l’organisation.

Construire une vie coopérative concrète

L’un des grands virages après la transmission a été la mise en place d’une gouvernance coopérative incarnée. « Entre être une entreprise avec un statut Scop et devenir une vraie coopérative, il y a un monde », raconte Christophe Laurent.

Depuis 2022, des dispositifs formés d’un ou plusieurs associé·es sont mis en place pour animer la vie démocratique de l’entreprise : information, mobilisation, co-animation des séminaires internes… Les associé·es se retrouvent chaque mois en visio pour échanger sur les projets en cours. Deux rendez-vous phares ponctuent l’année : le séminaire de juin, qui mêle stratégie, bilans et débats coopératifs, et une pré-assemblée générale en novembre, pensée comme un temps d’échange approfondi, une parenthèse avant d’entrer dans l’administrativé des AG.

Autre dispositif original : les « Confluences Savoirs », ce sont six jours par an dédiés à des travaux internes, dont certains touchent à l’organisation générale, à la gouvernance ou à la transition écologique… 


Des projets décidés en collectif

C’est au sein de ces temps coopératifs que de nouvelles priorités émergent. En 2023, le séminaire annuel place la performance globale au cœur des réflexions, avec ses trois piliers : économique, humaine et environnementale. Résultat : la RSE devient un axe structurant.

Depuis, les actions se multiplient. Tous·tes les salarié·es sont sensibilisé·es aux risques psychosociaux et les achats sont repensés : priorité aux fournisseurs coopératifs ou locaux, événements éco-conçus, matériel informatique renouvelé avec sobriété. « Nos PC tournent depuis cinq ans, tous les jours, et ils tiennent. On préfère les réparer que les remplacer systématiquement. », explique Christophe Laurant. Un rapport RSE est également en cours d’élaboration.

Enfin, Confluence Conseil participe à des actions de mécénat de compétences, notamment via la Fondation Émergences, qui soutient des projets à impact social ou environnemental.

Une attractivité renforcée, un collectif toujours engagé

Les résultats sont visibles, y compris en matière de marque employeur. « Nos nouvelles recrues sont sensibles à notre fonctionnement coopératif et à notre engagement environnemental », souligne Christophe Laurent.

Alors, huit ans après, Confluence Conseil a-t-elle tenu la promesse de Philippe Landraud ? Il disait à l’époque : « La relève est assurée… Vous êtes chez des gens heureux ! » Aujourd’hui, Christophe nuance avec justesse : « Il y a des défis, bien sûr, mais l’envie de construire ensemble reste intacte. C’est ce qui fait la force de la Scop aujourd’hui. »